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« EHPAD » : une grande consultation lancée à l’automne


Publié le Jeudi 15 Juillet 2021 à 12:44

Brigitte Bourguignon, ministre déléguée en charge de l’Autonomie, a annoncé le lancement, à l’automne, d’une grande consultation citoyenne pour rebaptiser les EHPAD. Cette déclaration a été faite dans le cadre du colloque « Dessine-moi l’EHPAD de demain » qui a réuni, lundi dernier, la majorité des acteurs du secteur pour réfléchir à l’avenir de ces établissements.


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« L’EHPAD est mort, vive l’EHPAD ! ». Tels étaient les mots de Brigitte Bourguignon, ministre déléguée en charge de l’Autonomie, lundi 12 juillet, lors du colloque « Dessine-moi l’EHPAD de demain », co-organisé par le ministère des Solidarités et de la Santé et Les Echos – Le Parisien Événements. Elle y a, entre autres, annoncé le lancement, à l’automne, d’une consultation citoyenne amenant à un changement de nom. « Les Français ne veulent plus du modèle actuel de l’EHPAD. Ils souhaitent rester le plus longtemps possible à domicile. Nous allons leur en donner les moyens avec le virage domiciliaire, et les EHPAD en seront un des acteurs majeurs », a insisté la ministre.
 
Outre cette nouvelle dénomination, Brigitte Bourguignon mise également sur des financements avec, en premier lieu, ceux débloqués lors du Ségur de la Santé, soit « plus de 2,1 Md€ de crédits du Ségur de la Santé, dont 450 M€ mobilisés dès 2021 et pilotés dans les territoires par les ARS ». « Ce plan d’investissement sera le plus concret possible avec, dès 2021, 125 M€ pour l’amélioration du quotidien des résidents et professionnels », a-t-elle ajouté, annonçant également un appel à projet à l’automne pour le financement de 4 000 projets « pour améliorer le quotidien des résidents » et des professionnels, soit « des chariots motorisés, des rails, des lève-malades, des détecteurs de chute... ».
 

Signature d’un partenariat avec la Caisse des dépôts et consignation

Profitant du colloque, la ministre déléguée à l’Autonomie a également signé une convention de partenariat avec la Caisse des dépôts et consignation. Cette coopération, qui devrait mobiliser plus de 3,5 milliards d’euros pour « l’investissement dans les établissements pour personnes âgées » se divisera en trois volets : 25 millions d’euros pour l’ingénierie, 2,5 milliards d’euros en prêts de fonds d’épargne et 1 milliard d’euro en fonds propres. « Nous sommes convaincus que les EHPAD doivent être complètement intégrés dans les territoires et les villes. Il faut contribuer concrètement à la transformation des offres », a indiqué Éric Lombard, directeur général de la caisse.
 
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Des réflexions sur le modèle

Si les annonces gouvernementales ont attiré l’attention, il ne faut pas pour autant en oublier le fond du colloque organisé ce lundi, qui a réuni de nombreux spécialistes du secteur, chacun apportant son éclairage sur « l’EHPAD de demain ». Car, comme le rappelait Claude Jeandel, gérontologue au CHU Montpellier : « Les résidents amenés à être hébergés en EHPAD vont progressivement être plus âgés et plus dépendants. Il faut mener une réflexion sur les lieux de vie de demain ». Directeur de l'École nationale supérieure de la Sécurité sociale (EN3S) et auteur d’un rapport sur le grand âge, Dominique Libault a, quant à lui, plaidé en faveur de l’ « ouverture », imaginant que « demain, le centre doit être conçu moins comme une rupture radicale que comme un espace ouvert où l’on peut venir pour se reposer. » « L'ouverture est la clé pour ne pas opposer EHPAD et maintien chez soi », a ajouté Philippe Wender, président de l’association Citoyennage.
 

Changer le regard des autres…

Lieu plus ouvert, l’EHPAD de demain sera aussi, pour beaucoup, un lieu multiple, accueillant une crèche ou des artistes, par exemple. Pour les intervenants, ce doit aussi être un lieu de « liberté », la liberté de « choisir son heure de repas, sa douche, son savon… », indiquait, par exemple, Michel Billé, sociologue spécialisé dans les questions relatives aux handicaps et à la vieillesse. « L’EHPAD ne sera pas réellement un “Chez soi” mais si je peux y avoir la même liberté, je pourrais être heureux », résumait-il.
                                
« Nous sommes des êtres sociaux. Cette collectivité que forme un EHPAD, c'est une nouvelle société, la dernière famille que va se créer une personne âgée. Il faut donner une vraie considération à ces personnes », a martelé Marie-Françoise Fuchs, présidente de l’association Old Up. « La préoccupation est réelle pour que les choses s’améliorent, a ajouté Martine Gruere-Arnaud, vice-présidente de l’association. L’EHPAD doit suivre l’exemple de la crèche. Des établissements boudés des français dans les années 1960-1970 et qui ont réussi à se transformer pour devenir attractifs. »
 

… l’immobilier…

Pour ce faire, cette transformation devra aussi certainement être physique, s’opérer sur les bâtiments eux-mêmes. Ainsi, si certains appellent à un agrandissement de la surface des chambres ou à leur réaménagement en studios, « il n’y a pas de règle sur un potentiel ratio entre la taille de la chambre et le lieu collectif », insistait Patrick Bouchain, architecte et urbaniste, bientôt en charge d’une mission ministérielle sur l’architecture des EHPAD. Pour Pierre-Olivier Lefebvre, délégué général du Réseau Francophone des Villes Amies des aînés, une chose est néanmoins sûre, « on ne doit pas implanter un bâtiment là où les autres ne veulent pas s’installer ». « Nous devons faire attention à toutes les branches qui gravitent » autour des établissements et ne pas hésiter à « former tous les profils, les ingénieurs de voirie comme les professionnels de la culture ».  
 

… et les modalités administratives

« Pour avancer concrètement, il faut des volontés, des financements. Mais s’il n’y a pas une radicale transformation et simplification des mécanismes, la mise à l'échelle ne pourra pas se faire », ajoutait, quant à lui, Marc Bourquin, conseiller stratégique de la Fédération Hospitalière de France (FHF). En effet, pour accompagner ces changements, nombreux sont ceux qui appellent d’ores et déjà à une simplification de la réglementation. Et ce, dans le but de passer à un EHPAD plateforme, ou plus simplement de développer des services multiples. « L’EHPAD de demain existe déjà aujourd’hui mais la difficulté c’est de passer de l’expérimentation à l’échelle réelle », résumait Jean-Marc Borello, président du directoire du Groupe SOS.
 

© Twitter
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Le « laboratoire des solutions de demain »
 
Autre événement important de cette journée dédiée aux EHPAD, la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie s’est dotée le matin même du « Laboratoire des solutions de demain ». « Volet scientifique du Conseil national des investissements en santé, piloté par la CNSA, il participera à la transformation des EHPAD en lieux de vie sécurisants et ouverts sur la société », expliquait Brigitte Bourguignon. Initié dans le cadre du Ségur de la Santé, ce laboratoire s’est donc réuni pour la première fois ce lundi. Chargé « d’explorer les nouvelles formes d’habitat des personnes âgées en perte d’autonomie et d’imaginer celles de demain », il est constitué « d’une cinquantaine de membres, dont des professionnels : soignants, gestionnaires d’établissements, designers, représentants des associations, architectes… », précisait Virginie Magnant, directrice de la CNSA.
 
Les membres du laboratoire ont, quant à eux, déjà identifié les principales problématiques sur lesquelles ils allaient travailler : « comment accompagner les gestionnaires dans l’ouverture de leurs établissements, leurs lieux de vie sur le territoire ? », « comment généraliser la participation des utilisateurs (résidents, proches aidants, professionnels, acteurs locaux) dans la conception des projets de lieux de vie et leur prise en compte dans la gestion quotidienne de ces lieux de vie ? » ; « À quoi ressemble un “bon” projet de lieux de vie (sa taille, ses services, son modèle éco…) : comment orienter la décision publique dans ses choix de financement ? ». « Chaque thème sera traité par un groupe de membres, qui, durant les prochains mois, échangera avec des personnes âgées, des professionnels, se rendra sur le terrain, partagera avec les amis du Laboratoire et les membres du Conseil… », précise la CNSA, indiquant par là même que « chaque production sera remise et discutée aux membres du laboratoire lors d’une réunion plénière ».
 



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