En visite dans le Pas-de-Calais, la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, a annoncé un futur changement de nom pour les EHPAD à l’horizon 2027. Une annonce qui s’inscrit, selon le gouvernement, dans une volonté de mieux refléter l’évolution de l’offre et la diversification des formes d’accompagnement du grand âge. Mais sur le terrain, les réactions traduisent autant un intérêt pour l’évolution des représentations qu’une forte attente de mesures structurelles, notamment sur le financement et l’attractivité des métiers.
Le Synerpa appelle à dépasser le débat sémantique
Dans un communiqué daté du 27 avril 2026, le Synerpa reconnaît « l’importance d’une dénomination », tout en soulignant la nécessité d’une politique plus ambitieuse.
Le syndicat estime que « le secteur a besoin aujourd’hui, ce sont des réponses concrètes : des financements adaptés à la réalité des besoins, des conditions d’exercice permettant aux professionnels de travailler correctement, ainsi qu’une vision claire et durable de l’accompagnement du grand âge ».
Son président, Jean-Christophe Amarantinis, insiste également sur les limites d’une réforme purement symbolique : « Au-delà des mots, le secteur attend des actes. Un changement de nom peut contribuer à faire évoluer les représentations, mais il ne saurait suffire. Les professionnels du grand âge sont aujourd’hui en attente de décisions structurantes, indispensables pour répondre au choc démographique. »
L’AD-PA salue une étape symbolique mais exige des actes rapides
L’AD-PA accueille favorablement la décision de changer la dénomination des établissements, qu’elle considère comme « une première étape symbolique et inclusive ». Dans son communiqué, également daté du 27 avril 2026, l’association estime que « ce changement de dénomination, s’il est accompagné d’une réflexion de fond, marque une volonté de reconnaître la diversité des parcours et des besoins des résidents ».
Elle souligne également l’importance de la participation des personnes concernées, saluant notamment la rencontre avec la délégation de Citoyennage. Mais l’AD-PA prévient : « Si le changement de nom est un signal positif, l’AD-PA reste dans l’attente d’un point d’information interfédérations pour préciser les contours de la labellisation évoquée. »
L’association insiste surtout sur les urgences financières et sociales du secteur : « Sécuriser les budgets des établissements et services, aujourd’hui mis à mal par l’inflation et la hausse des coûts ; revaloriser les salaires et les conditions de travail des professionnels ; publier une circulaire budgétaire 2026 à la hauteur des enjeux démographiques et sociétaux. » Et de conclure : « Changer de nom est une étape nécessaire, mais changer le quotidien des personnes âgées et des professionnels qui les accompagnent doit rester la priorité absolue. »
La FNAQPA critique une “labellisation administrative” sans transformation de fond
La FNAQPA se montre plus critique, estimant que le projet de nouvelle appellation « ne reflète en rien la transformation urgente et attendue des établissements ». Dans son communiqué, elle considère que la proposition « Maisons France Autonomie » s’apparente davantage à « une estampille administrative, une labellisation de plus qui sonne comme une norme, pas comme un lieu où habiter ».
Pour la fédération, le risque est celui d’un empilement de dispositifs sans vision globale : « Changer d’appellation ne suffit pas : le véritable enjeu reste la transformation du modèle. » Elle appelle ainsi à une relance du dialogue avec les acteurs du secteur et met en garde contre une accumulation de mesures jugées déstabilisantes, rappelant notamment plusieurs décisions récentes touchant au financement et aux revalorisations salariales. La FNAQPA conclut en appelant à « construire enfin des lieux qui soient réellement des domiciles, choisis, ouverts et profondément humains ».






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