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Attractivité et formation : « Nous sommes face à une falaise »


Publié le Lundi 4 Octobre 2021 à 10:35
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Mardi 28 septembre, lors de la deuxième journée du congrès national des âges et du vieillissement, plusieurs spécialistes se sont réunis autour de la formation et plus largement de l’attractivité des métiers du grand âge. Des réflexions essentielles pour faire face au manque criant de main d’œuvre.


©Capture
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Organisé par l’Association des Directeurs au service des Personnes Âgées (AD-PA) et l’association Citoyennage, le congrès national des âges et du vieillissement se tenait lundi 27 et mardi 28 septembre à Paris. Également retransmis en direct sur internet, l’événement s’est intéressé aux principaux enjeux et aux grandes interrogations du secteur, dont l’attractivité des métiers du grand âge et la formation des agents, qui a réuni plusieurs spécialistes lors d’une table-ronde dédiée.
 
« Au cours des prochaines années, les besoins vont augmenter mais de nombreux postes étant déjà vacants, on peut s’attendre à une multiplication des drames humains », a prévenu Michel Laforcade, ex-directeur général d’ARS. « Nous sommes face à une falaise », a poursuivi le rapporteur de mission sur l’attractivité des métiers du grand âge. Même point de vue pour Hélène Godin, directrice des relations sociales et ressources humaines du réseau UNA, qui, dans le secteur du soin à domicile, constatait que déjà aujourd’hui, « qu’une demande sur cinq ne peut aboutir » et que « de nombreuses offres d’emploi restent sans réponse ».
 

Former de plus en plus

Face à cette situation, Michel Laforcade a recommandé « d’adopter une vision systémique et radicale », en travaillant notamment sur la formation de nouveaux soignants. « L’augmentation du nombre de places de formations initiales et les récentes circulaires permettant des formations courtes de 70h avant intégration d’une formation d’AS, ainsi que les réformes liées à l’obtention de VAE sont de premiers pas, mais il faut aller plus loin », a prévenu l’ancien responsable, qui insiste dorénavant sur la nécessité d’augmenter le nombre de contrats en apprentissage. « Tous, établissements comme organismes, doivent se saisir de cette opportunité », a-t-il martelé.
 

Attirer par le salaire…

Pourtant, si le volet formation peut être modifié, il n’en subsiste pas moins un manque d’attractivité pour ces métiers qui pâtissent d’une image dégradée. Pour cela, « il est indispensable de jouer sur toute la gamme de l’attractivité », a insisté Michel Laforcade. « Il est nécessaire d’augmenter le nombre de places en formation, mais il est tout aussi nécessaire d’avoir des métiers plus attractifs avec une meilleure qualité de vie au travail et un salaire plus élevé », a-t-il résumé. « Offrir le Smic après 17 ans d’ancienneté, ça n’attire personne », a complété Hélène Godin. « Le secteur du grand âge mériterait plus de moyens, toutes les comparaisons internationales le montrent. Pourtant à moyens égaux, on peut arriver à des résultats différents, il faut donc investir mais aussi utiliser au mieux les moyens dont on dispose », a ajouté Michel Laforcade.
 

… et la qualité de vie au travail

Parmi ces moyens, l’amélioration de la qualité de vie au travail fait certainement partie des facteurs les plus importants. « Il faut donner un sens à la fonction et valoriser les actes à tout niveau », a prévenu Samira Bekhti, directrice générale d’Oratorio, entreprise dédiée à la performance en santé. « Toute structure a besoin d’un sens collectif, de cohérence organisationnelle et de stabilité, que ce soit en résidence ou à domicile », a-t-elle poursuivi. Management, relations entre professionnels et usagers, prise en compte des risques professionnels, conditions d’exercice… La consultante a déjà identifié plusieurs facteurs de qualité de vie au travail. Pourtant, « agir sur tous les déterminants QVT est compliqué, en tant que responsable il faut savoir se faire aider », a-t-elle insisté, citant par exemple ici l’Association Nationale pour la Formation permanente du personnel Hospitalier (ANFH) ou l’Agence Nationale d'Appui à la Performance (ANAP).
 

Communiquer pour casser l’image de ces métiers

Outre la QVT et le salaire, les participants à cette table-ronde en sont persuadés : « le secteur doit lancer de grandes campagnes de communication au niveau national et local », « à l’image de ce qui a été fait pour l’armée ou la police depuis plusieurs années », a même ajouté Hélène Godin. « Dans le cadre de la mission sur l’attractivité des métiers du grand âge, lorsque nous avons rencontré des professionnels, beaucoup nous ont indiqué ce qui n’allait pas. Pourtant lorsque nous leur demandions pourquoi ils restaient, tous répondaient qu’“ils étaient indispensables pour telle ou telle personne”, a raconté Michel Laforcade. C’est ce message que nous devons porter. Nous devons aujourd’hui nous appuyer sur la parole de ces personnes pour susciter l’envie ».
 



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