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Gérontologie : les animateurs en congrès à Saint-Malo


Publié le Mercredi 14 Décembre 2022 à 10:54

Les 29 et 30 novembre derniers se tenait à Saint-Malo le 16e Congrès National de l’Animation et de l’Accompagnement en Gérontologie (CNAAG). Cet événement organisé par le Groupement des Animateurs en Gérontologie (GAG) a permis de faire le point sur l’actualité de la profession tout en réfléchissant à la manière dont la parole des personnes âgées pourrait être facilitée.


©AP
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Mardi 29 novembre, à deux pas des célèbres remparts de Saint-Malo, plusieurs centaines d’animateurs en gérontologie se sont donné rendez-vous pour le lancement du 16e Congrès National de l’Animation et de l’Accompagnement en Gérontologie (CNAAG). Devant une salle comble, les responsables du Groupement des Animateurs en Gérontologie (GAG) ont donné le coup d’envoi pour deux journées d’ateliers, de tables rondes et d’échanges autour des différentes actualités de la profession, mais aussi de la thématique au cœur de cette 16e édition : « Rendre possible la parole des personnes âgées ».
 
Ce fut également l’occasion, pour Cédric Paris qui a présidé le GAG ces trois dernières années, de présenter la nouvelle présidente du groupement : Pauline Allain, animatrice exerçant en Île-de-France. Ouvrant le congrès, cette dernière a salué « un temps propice au partage ». Et les échanges étaient effectivement nombreux au cours de ces deux jours. Le mercredi après-midi, une séance plénière était par exemple consacrée à la validation de la nouvelle charte de l’animation, construite par le GAG au cours des trois dernières années. « Le toilettage de cette charte, qui datait de 2006, a pris un peu de retard suite à la crise sanitaire » a expliqué Bernard Hervy, fondateur et vice-président du GAG.

Une charte revue et un code déontologique en construction

Le groupement avait néanmoins pu dévoiler la version réactualisée en amont du congrès, charge ensuite aux adhérents du GAG de la valider lors de l’événement. Structurée de la même manière que le document de 2006, cette nouvelle charte de l'animation se divise en neuf articles, eux-mêmes regroupés en trois principaux chapitres : « l'animation avec les personnes âgées », « les apports de l'animation sociale », « les acteurs, l’animateur, les interactions ». Elle insiste, par exemple, sur la nécessité de mettre en œuvre une méthodologie adaptée, de personnaliser les pratiques, respecter les demandes des personnes, faciliter leur autonomie ou encore développer la participation et la coopération de chacun.
                                    
« Le toilettage de cette chartre nous a donné envie d'aller plus loin, pourquoi pas vers un code déontologique », a indiqué, dès le début du congrès, Cédric Paris, aujourd’hui vice-président du GAG. Forts de cette dynamique nouvelle, les membres de l’association ont donc élaboré les « premières règles de déontologie de l’animateur social avec les personnes âgées », destinées aux animateurs professionnels « en complément et en cohérence avec la charte ». Appelées évoluer et à être complétées au fil des années, celles-ci regroupent huit préconisations relatives à la facilitation de l’expression, de la communication et du fonctionnement démocratique ; au respect des personnes et de leurs droits ; à l’aide à l’expression des droits et des personnes ; à la formation en continu des animateurs ; à la participation aux formations des futurs collègues ; à la double loyauté vis-à-vis du public et de la structure ou encore à la mise en place de partenariats.
 

Une formation qui évolue

Inscrite dans les deux documents – la charte réactualisée et le code déontologique –, la question de la formation des animateurs a largement occupé les discussions au cours du congrès malouin. « Le 7 juillet 2023, les premiers bac pro Animation - Enfance et Personnes Âgées (AEPA) seront employables. Avec 155 lycées formateurs et 17 élèves en moyenne par classe, c'est un réel virage », a salué Cédric Paris. « Il y a aujourd’hui une voie possible pour se former gratuitement en animation auprès des personnes âgées », a ajouté Bernard Hervy. Pour autant, et parallèlement à cette évolution très attendue par la profession, les membres du GAG ont alerté sur les dangers d’une possible fusion ou transformation de la mention Animation sociale du BPJEPS.
 
« Il y a ici un réel risque de manque de reconnaissance de nos spécificités et, à terme, de la disparition de la filière animation sociale », a ainsi indiqué Pauline Allain, tout en précisant que le GAG lançait une pétition. Comme à son habitude, le groupement a en effet profité de ces deux journées pour également porter ses messages, ses attentes et ses doutes. Dès le premier jour, Bernard Hervy a par exemple notamment abordé la question de la réforme du Conseil de la Vie Sociale (CVS), qui entrera en vigueur au 1er janvier 2023. « Cette réforme technocratique réduit le périmètre du CVS tout en diluant davantage la parole des personnes âgées », a résumé l’intéressé en s’inquiétant « de la place qui leur est accordée en établissement ».
                                       
- Le prochain CNAAG aura lieu les 20 et 21 novembre 2023 à Montpellier.
 

La libération de la parole en question
 
« La parole existe depuis toujours, mais les vieux ont changé, le monde a changé, l'environnement a changé, les professionnels ont changé, les métiers ont changé, les bénévoles ont changé… Une approche pluridisciplinaire, mêlant philosophie, pratique et sociologie, est donc nécessaire pour appréhender la mutation de la parole », a noté Richard Vercauteren, sociologue, lors d’une conférence-débat organisée dans le cadre du CNAAG. « La parole est une question de pouvoir, celui qui parle est autorisé à parler », a ajouté Nadia Taibi, professeure de philosophie, avant de compléter : « Avant de se demander comment faire parler quelqu’un, il faut d’abord se demander s’il a la parole. On doit s'interroger en premier sur l'écoute ».  Du côté de l’animateur, pour Pauline Allain, « sa mission est d’accueillir, de recueillir, de mettre en œuvre la parole et de créer des espaces pour faciliter une parole autonome ». 
 



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