Ehpadia, le magazine des dirigeants d'EHPAD

« L’EHPAD doit être un acteur du lien social et du vivre-ensemble »


Publié le Mardi 8 Septembre 2026 à 14:50



Deuxième gestionnaire associatif d’EHPAD en France, le Groupe SOS Seniors accompagne aujourd’hui près de 15 000 personnes âgées au sein d’un réseau de plus de 240 établissements et services, porté par ses activités et celles de ses associations filialisées. Fort de plus de 8 000 collaborateurs, il défend une approche du vieillissement fondée sur des parcours de vie diversifiés, l’ouverture sur les territoires et l’innovation sociale, comme l’explique son directeur général, Loïc Rumeau.




Comment votre groupe fait-il évoluer son modèle d’EHPAD face aux nouveaux enjeux du vieillissement ?
Loïc Rumeau :
Notre réflexion dépasse le seul cadre de l’EHPAD. À travers le projet associatif du Groupe SOS, nous développons une offre diversifiée associant des EHPAD, des résidences autonomie, des habitats partagés, des services à domicile et des dispositifs de lutte contre l’isolement, pour proposer des parcours de vie adaptés aux besoins de chacun. Ainsi, avec l’initiative « Mon EHPAD, mon domicile », nous faisons évoluer nos établissements vers des lieux de vie plus ouverts, respectueux des habitudes des résidents. Nous passons également d’une logique centrée sur le soin à un accompagnement global, construit avec les résidents et leurs familles et intégrant les dimensions sociales, relationnelles et citoyennes qui participent à la qualité de vie. Cette ambition s’inscrit pleinement dans les valeurs solidaires et inclusives du Groupe SOS. 

Quelles sont aujourd’hui vos priorités en matière d’attractivité et de fidélisation des équipes ?
Trois priorités guident notre action. La première consiste à donner aux équipes un projet porteur de sens et fédérateur. La deuxième vise à améliorer les conditions de travail, grâce à des équipements adaptés et à un réseau d’animateurs de prévention capable d’agir au plus près des besoins du terrain. Enfin, nous travaillons à mieux valoriser les métiers du grand âge. L’apprentissage et les parcours de professionnalisation ouverts à des personnes sans qualification initiale, mais désireuses de s’engager, constituent à cet égard des leviers majeurs pour attirer et fidéliser les talents. 

Dans un contexte économique sous tension, quels leviers mobilisez-vous pour assurer la pérennité de vos établissements ?
Nous renforçons l’attractivité de nos structures afin de soutenir leur activité et leur impact social. Cela passe par une meilleure visibilité auprès du grand public et par un travail étroit avec les acteurs locaux pour inscrire nos établissements dans les dynamiques territoriales. Nous accompagnons également l’évolution des organisations pour maintenir un haut niveau de qualité tout en maîtrisant les ressources. Enfin, nous optimisons les fonctions support par la mutualisation des achats à l’échelle du groupe et l’internalisation de certaines activités stratégiques comme la restauration ou l’entretien du cadre de vie, afin de concilier efficacité économique et qualité d’accompagnement.

Quelle vision portez-vous pour l’EHPAD de demain ?
L’EHPAD de demain est, à bien des égards, celui que nous construisons déjà aujourd’hui : un lieu ouvert, pleinement intégré à son territoire et inscrit dans une logique de parcours de vie. Il doit être un acteur du lien social et du vivre-ensemble, par exemple grâce au développement de tiers-lieux et de projets intergénérationnels. Cette ambition suppose aussi un investissement constant dans la qualité du cadre de vie. Les Centres de Ressources Territoriaux illustrent cette évolution en mobilisant l’expertise des EHPAD au service du domicile, pour répondre à des  situations complexes en coordination avec les acteurs du territoire. Face aux défis  du vieillissement, nous devons dépasser les logiques de silo pour construire des réponses collectives, où l’EHPAD s’inscrit comme un maillon essentiel d’un parcours d’accompagnement global.
> Article paru dans Ehpadia #44, édition de juin 2026, à lire ici