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Le GAG : au service de l'animation en EHPAD


Rédigé le Jeudi 7 Juin 2018 à 09:11

Le Groupement national des Animateurs en Gérontologie (GAG) est une association créée en 2000, avec pour objectif la promotion de l'animation et de l'action socio-culturelle dans les établissements et services accueillant des personnes âgées. David Séguéla, son président, nous en dresse le portrait et nous explique comment elle a oeuvré à la professionnalisation du métier d'animateur. L'occasion également, de faire le point sur les enjeux actuels et à venir de l'animation en EHPAD.


Pouvez-vous nous présenter votre association, son histoire et son ambition ?
David Séguéla :
Le GAG est né en 2000, de la volonté d'un groupe d'animateurs incarné par Bernard Hervy, un linguiste de formation et animateur de profession qui souhaitait, par le biais d'une association de professionnels, améliorer la vie sociale des personnes âgées en oeuvrant à la structuration et à la professionnalisation du métier d'animateur en gérontologie. En effet, le secteur souffrait alors d'un manque de reconnaissance et les postes d'animateurs étaient souvent occupés par des personnes non qualifiées. Les actions engagées dans les années qui ont suivi la création du GAG ont donc permis de structurer la profession, lui donner une identité et créer des diplômes reconnus au niveau national. Le BP JEPS(1) Animateur Animation Sociale, notamment, a lancé une véritable dynamique permettant de bâtir un socle de professionnels réellement formés aux enjeux de l'animation sociale. Parmi les autres temps forts de l'histoire du GAG, je peux citer l'enquête sur l'état de l'animation en France menée par Bernard Hervy pour le compte de l'État, ayant donné lieu à un rapport contenant 33 propositions régulièrement réédité ; les autres enquêtes menées par le GAG à l'origine d'un livre blanc devenu référence dans la profession ; l'élaboration de la charte de l'animation lors des États Généraux de l’Animation en Gérontologie (EGAG) ; et plus récemment, le développement du concept de « non-traitance », visant à sensibiliser l'opinion publique à la nécessaire amélioration de la qualité des temps libres en EHPAD.
 

David Séguéla président du Groupement national des Animateurs en Gérontologie
David Séguéla président du Groupement national des Animateurs en Gérontologie
La professionnalisation du secteur étant bien engagée, quelles sont aujourd'hui vos missions ?
D.S :
Le GAG a su devenir un acteur incontournable de l'animation sociale et il fait désormais office de centre d'expertise et de ressources. Pour sa part, la bataille pour la professionnalisation du métier est certes une victoire, mais il nous reste encore du chemin à parcourir en vue d'offrir une animation de qualité à tous les résidents d'EHPAD. A l'heure actuelle, notre action se place dans le prolongement du livre blanc de 2012 et des cinq propositions pragmatiques qu'il contient. Nos objectifs prioritaires sont ainsi devenus la personnalisation des démarches et le financement de l’animation de la vie sociale. Plus concrètement, nous préconisons le ratio d'un animateur pour 50 résidents, et un minimum de deux professionnels avec des profils complémentaires au sein d'un même établissement. Côté budget, si les fonds alloués à l'animation ont quelque peu augmenté ces dernières années – de 9 centimes par jour par personne en 2011 à 13 centimes en 2017 – ils n'en restent pas moins dérisoires, et bien loin des 30 centimes que nous préconisons pour permettre de financer des sorties et intervenants qualifiés. En parallèle, le GAG s'est engagé dans le développement d’outils coopératifs destinés aux professionnels. 
 
Quels sont ces outils et à quels besoins viennent-ils répondre ?
D.S :
Il s'agit de la plateforme collaborative CULTUREàVIE, dédiée à l'échange de contenus entre animateurs, et du logiciel ACTEURàVIE voué, pour sa part, à simplifier et évaluer la mise en place des projets de vie personnalisés. Si CULTUREàVIE a aujourd'hui atteint sa vitesse de croisière et est en cours de pérennisation, le logiciel ACTEURàVIE est un outil plus complexe à déployer, puisqu'il demande des évolutions dans le mode de fonctionnement des établissements. En effet, bien qu'étant une vieille exigence, le projet de vie personnalisé s'avère difficile à mettre en pratique en raison du poids des moeurs inhérentes à la culture historique du travail dans le secteur du médico-social, mais également du temps d'investissement qu'il demande au départ. Un travail qui peut paraître laborieux, au regard du manque de ressources humaines dont pâtit le secteur pour mener à bien des accompagnements qui ont du sens pour les résidents et les agents. Même si les personnels ont l'envie de s'engager dans cette voie, les injonctions à toujours plus de contrôle avec des moyens réduits limite en partie leur marge de manoeuvre. Pourtant, eux comme résidents ont tout à y gagner.

Comment faire évoluer les choses dans le bon sens, alors ?
D.S :
A mon sens, c'est tout un travail de société qui doit être engagé pour faire évoluer les mentalités. Aujourd'hui, l'entrée en EHPAD fait peur et n'est donc ni anticipée, ni préparée. Or, pour être une réussite et permettre aux personnes âgées de mieux vivre cette étape de leur vie, la mise en place du projet de vie personnalisé devrait s'envisager dès les premiers signes de dépendance, soit bien avant l'entrée en établissement. De même, dans les établissements en question, le médical a tendance à tout phagocyter, et notamment le social. Bien que la culture soignante soit de plus en plus ouverte, avec le développement des approches humanistes et des thérapies non-médicamenteuses, le point de départ de la prise en charge des résidents reste le soin. Pour le GAG, il est donc nécessaire de revoir ce positionnement, afin d'appréhender ce secteur dans toutes ses dimensions et de prendre la mesure des enjeux sociaux et sociétaux liés au vieillissement, au-delà du seul prisme médical.
 
Et demain, vers quoi se dirige selon vous le métier d'animateur ? Quels seront les grands enjeux à relever ?
D.S :
Aujourd'hui, l'animateur agit pour le maintien de l'exercice des rôles sociaux le plus longtemps possible. A terme, l'idéal serait de pouvoir travailler au sein d'équipes pluridisciplinaires, afin de tendre vers une prise en charge de plus en plus personnalisée. Celle-ci ne passerait donc plus nécessairement par une activité dominante, mais plutôt par des attentions permettant à chaque résident d'avoir une vie sociale et un rôle actif au sein de son environnement. Mais au-delà de ses fonctions en établissement, l'animateur de demain se devra d'être un acteur du territoire. Si les choses commencent à se structurer avec la mise en place de politiques d'animation à l'échelle territoriale, les animateurs auront aussi à remplir un rôle d'information, en vue de sensibiliser la population dans son ensemble aux enjeux du vieillissement et de favoriser la mise en place d'un continuum de vie. Pour cela, ils devront développer des interactions avec les différents acteurs du territoire, et plus particulièrement avec les agents du maintien à domicile, afin d'envisager le projet de vie personnalisé comme un outil mutualisé, permettant la mise en place de parcours réfléchis et suivis.
 
En savoir plus :
• Site du GAG : http://www.non-traitance.com/
• Site de CULTUREàVIE : http://www.culture-a-vie.com
• Site d'ACTEURàVIE : http://acteuravie.fr/
 
• Ouvrages de Bernard Hervy et Richard Vercauteren :
- L’animation dans les établissements de personnes âgées, Érès, 2002, 232 p.
- Le projet de vie personnalisé des personnes âgées, (avec Jean-Luc Schaff) Érès, 2008, 114 p.
- Animateur et animation sociale avec les personnes âgées, Érès, 2011, 376 p.
- Innover dans l'animation et l'accompagnement de la personne âgée, Érès, 2013, 114 p.
 
1 - Brevet Professionnel, Jeunesse et Éducation Populaire et Sportive
De gauche à droite : Richard Vercauteren, Pierre-Olivier Lefebvre, Michèle Delaunay  et David Séguéla lors d'un congrès du GAG
De gauche à droite : Richard Vercauteren, Pierre-Olivier Lefebvre, Michèle Delaunay et David Séguéla lors d'un congrès du GAG

Chronologie du GAG et de l'animation en gérontologie

2000 : Création du G.A.G.
2003-2004 : 
-Bernard Hervy, président du GAG, chargé de mission au 
Ministère des Personnes Âgées pour la réalisation d’une 
enquête sur l'état de l'animation en France
- États Généraux de l’Animation en Gérontologie
2005 : Création du Brevet Professionnel Animation Sociale
2006 : 
-1er Congrès National des Animateurs en Gérontologie 
- Création des Diplôme d’Etat (DE) et Diplôme d’Etat Supérieur (DES) Animation
2007 : Publication de la charte de l’animation en gérontologie
2008 : Création du DE Animation Sociale
2009 : Le GAG participe aux travaux de l’ANESM sur les projets de vie personnalisés
2011 : Nouvelle enquête nationale sur l’état des lieux de l’animation sociale
2012 : Création du clip «non-traitance.com», qui donne naissance au Livre Blanc : « 5 propositions pour réussir la vie sociale en établissement »
2014 : Lancement de CULTUREàVIE
2015 : Mise en service d’ACTEURàVIE
2016-2017 : Dernière enquête en date sur l'état des lieux de l'animation

Les chiffres de l'animation en EHPAD

2003 : 1 animateur pour 97,3 résidents
• 2017 : 1 animateur pour 64,8 résidents
• En 2003, seuls 19,5% d'entre eux avaient suivi une formation spécifique, contre 81,2% en 2017 (chiffre à relativiser selon le GAG, le taux de professionnalisation tournerait plutôt autour de 75%)
• Budget alloué à l'animation : 13 centimes par jour par personne en 2017 contre 9 centimes en 2011

Les conclusions du GAG :
- L’objectif de professionnalisation est atteint. Des animateurs formés et compétents influent sur la qualité des démarches d’animation mises en place.
- De nombreux points faibles demeurent dans cette vie sociale des anciens. Des travaux devront être menés sur le sens donné aux moyens, aux coopérations et partenariats (entre directeurs, soignants, familles et proches, 
bénévoles, associations partenaires, etc) et aux rapports institutionnels hiérarchiques. Désormais le combat doit porter sur la reconnaissance du sens donné à l'animation et au rôle d'animateur.
- L'engagement dans la construction de moyens et de ressources a déjà commencé avec les supports (CULTUREàVIE, Vite-Lu), les projets personnalisés (ACTEURàVIE), les nouveaux outils de coopération, le développement des réseaux locaux, etc.

Source : Enquête nationale 2017 sur l'animation avec les personnes âgées menée par le GAG

Cette interview à été publié dans le numéro 11 du magazine Ehpadia à consulter en intégralité ici



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