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Pour la FNADEPA, « les vieux méritent mieux ! »


Publié le Mercredi 30 Novembre 2022 à 11:40

Le 4 octobre dernier, la FNADEPA organisait une mobilisation au format inédit, sous le mot d’ordre « Les vieux méritent mieux ! ». Retour sur cet évènement qui visait à mettre en lumière les difficultés du secteur et appelait à l’adoption urgente de mesures prioritaires et d’une loi Grand Âge.


Ils étaient plus de 18 000 connectés au moment du lancement de l’opération #UrgenceGrandÂge retransmise en direct dans le velours rouge du cinéma Pathé des Fauvettes, au cœur du XIIIème arrondissement parisien. Des résidents, des directeurs, des familles et des personnes à domicile, décidés à relayer le coup de colère porté par la FNADEPA.

Pendant plus d’une heure, les témoignages vidéo et prises de parole en direct se sont succédé, ponctués par les mosaïques d’images des près de 500 structures mobilisées aux quatre coins du pays. « Depuis des années nous alertons […] et nous avons le sentiment de n’être jamais entendus, jamais prioritaires », déplorait Jean-Pierre Riso, président de la FNADEPA, demandant aux pouvoirs publics de « cesser les consultations nationales » et les « mesures de saupoudrage » au profit de « vrais actes ». Une référence non dissimulée au Conseil national de la refondation dédié au « bien vieillir », depuis lancé par le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, et auquel la fédération a décidé de ne pas prendre part.

« Depuis une quinzaine d’années, tout est dit. C’est 10 milliards [d’euros] qu’il faut » et 100 000 nouveaux professionnels, rappelait Jean-Pierre Riso, citant les multiples rapports remis aux gouvernements successifs. « On ne peut plus attendre », abondait Annabelle Vêques, directrice de la FNADEPA, évoquant « une situation extrêmement préoccupante » confirmée par les résultats d’une enquête flash menée entre le 14 et le 19 septembre auprès des 1 400 directeurs adhérents que compte la fédération.

 

Selon cette dernière, « pour maintenir une qualité d’accompagnement décente, 1 établissement sur 4 gèle les entrées en raison d’un manque de personnel ». La situation économique est également un facteur d’inquiétude, avec 85 % de répondants craignant un déficit budgétaire d’ici la fin de l’année. La faute notamment à l’inflation galopante – évaluée en moyenne à 14 % pour les établissements et services pour personnes âgées – alors même que le taux d’évolution du tarif hébergement pour 2022 ne dépasse généralement pas les 2 %.

Toutes ces difficultés se traduisent par un blues des directeurs interrogés, puisque 43 % d’entre eux envisagent de quitter leur métier à court ou moyen terme. Des chiffres justifiant, selon la FNADEPA, l’urgence de la mise en œuvre d’une véritable loi Grand Âge et, en attendant, de 10 mesures prioritaires, parmi lesquelles 100 000 recrutements sur 5 ans, l’encadrement du recours à l’intérim dans le secteur médico-social ou encore l’élargissement du bouclier tarifaire Énergie à tous les établissements et services pour personnes âgées.

- Revoir la mobilisation : https://youtu.be/h4mxUYtr1go
- Découvrir l’intégralité de l’enquête flash de la FNADEPA – « RH et financement » : https://cutt.ly/4V6EZ8N
- Consulter les 10 mesures prioritaires de la FNADEPA : https://cutt.ly/zV6T7JA

Article publié dans le numéro d'octobre d'Ehpadia à consulter ici
 

Annabelle Vêques est directrice de la FNADEPA. Elle a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions pour faire suite à la mobilisation du 4 octobre.

Pourquoi cet évènement et sous cette forme ?
Annabelle Vêques : Nous suivons de près la situation avec nos adhérents et nous avions, depuis plusieurs mois, de nombreux retours inquiétants concernant notamment les coûts de l’énergie et la situation RH qui continue de se dégrader. Si nous essayons de faire bouger les choses de nombreuses manières, en travaillant par exemple avec les parlementaires ou le cabinet du ministre, le conseil d’administration de la FNADEPA a souhaité aller plus loin. Ce format hybride était le meilleur moyen d’associer le plus de résidents possible, les familles, les professionnels, les bénévoles, sur un temps donné, et avec un retentissement national.

Quels ont été les retours de vos adhérents ?
Nous avons eu beaucoup de messages de sympathie de nos adhérents, mais aussi de familles et de résidents. Beaucoup de directeurs qui essayaient jusque-là de protéger les résidents des difficultés que subissent leurs établissements ont eu des retours positifs de ces derniers, qui se sont dits heureux de pouvoir s’impliquer. Un point tout de même nous interroge. Si nombre de nos adhérents de la fonction publique territoriale étaient connectés, d'autres nous ont signalé avoir reçu l’interdiction de participer de leur conseil d’administration, du maire ou d’un élu. La veille de la mobilisation, une présidente de CVS nous a même appelés pour nous demander la légalité d’une telle décision. Cela signifie que des gens qui sont chez eux, des citoyens, ont été empêchés de se mobiliser, et des professionnels n’ont pas pu participer, alors même qu’il s’agit un droit fondamental. Cela pose un véritable problème éthique et de démocratie que nous n’avions pas forcément vu venir, et sur lequel nous allons devoir nous pencher. La citoyenneté des personnes âgées ne doit pas être un vain mot.

Comment percevez-vous la réponse gouvernementale apportée aux questions du grand âge ?
Elle est insuffisante. Avant la présentation du PLFSS, le chantier du CNR « Bien-vieillir » nous a été annoncé. Alors que les ESMS vivent des difficultés inouïes, il faut encore attendre 9 mois avant d’avoir un calendrier. Après 15 ans de renoncements à engager la réforme nécessaire, plus de 700 propositions formulées dans des rapports, cette énième concertation est très mal perçue par notre réseau. Et le PLFSS, malgré des volumes financiers conséquents, ne suffit clairement pas. Un bon PLFSS ne remplacera jamais une loi Grand Âge.

Et la suite ?
Le secteur médico-social n'est pas coutumier des mobilisations. Pourtant, ces dernières semaines, elles se multiplient, témoignant bien de l’ampleur des difficultés que vit notre secteur. Nous étudierons dans les prochaines semaines, en Conseil d’administration, la suite que nous donnerons à notre mobilisation nationale du 4 octobre. En 37 ans d’existence, la FNADEPA n’a jamais fait de mobilisation, n’est jamais descendue dans la rue, mais aujourd’hui nous ne nous interdisons plus rien.

 



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