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Quels modèles pour l’EHPAD-Ressources de demain ?


Publié le Lundi 13 Décembre 2021 à 11:25

Si le PLFSS 2022 entérine les missions que les EHPAD seront amenés à remplir sur leurs territoires, cette approche est loin d’être nouvelle. Elle fait en réalité écho aux réflexions et expérimentations menées depuis plusieurs années par différents acteurs du secteur. Retour sur trois exemples, leurs particularités et les premiers enseignements à en tirer.


Comme l’évoquait la Ministre déléguée à l’Autonomie lors de sa visite en juillet, le Village santé autonomie de Landivisiau pourrait bien préfigurer la plateforme gérontologique territoriale de demain. Organisé autour de l’EHPAD Saint-Vincent Lannouchen, le projet a pris forme au détour des années 2012-2013. « À l’époque, nous avions une liste d’attente de plus de 500 personnes pour l’EHPAD, pourtant nous savions que ces chiffres n’avaient pas nécessairement de sens. Plutôt que de nous contenter de donner un dossier d’inscription à chacun des candidats, nous avons cherché une solution pour répondre aux véritables attentes des familles », raconte Michel Mogan, directeur général délégué aux parcours de vie et parcours de santé de la Fondation Ildys, gestionnaire du site.

Un poste de conseillère en économie sociale et familiale a ainsi vu le jour. L’offre à destination de la population du pays de Landivisiau, se résumant alors au portage des repas, s’est également étoffée avec l’ouverture du restaurant aux personnes à domicile ou la mise en place d’un accueil de jour et d’un hébergement temporaire. « En fonction des besoins, les personnes peuvent y être accueillies pour 3 mois en continu, sur des périodes de 15 jours reparties sur l’année, ou pour un simple week-end », développe Michel Mogan. Une maison de l’aidant, au sein de laquelle sont dispensés conseils et formations, et des séjours de relayage sont eux aussi proposés.
 

Plateforme ou passerelle ?

« Quand une personne s’inscrit dans l’une de ces activités, elle entre dans un parcours coordonné et sécurisé », résume le directeur général délégué. Au terme de « plateforme », les porteurs du projet préfèrent d’ailleurs celui de « passerelle » gérontologique. Le site abrite 31 logements pour personnes autonomes, libres elles aussi de profiter des services de l’EHPAD – animations, entretien du linge, ergothérapie, consultations de télémédecine, etc. « Les résidents, sont inscrits dans une association de bénévoles qui se rend utile au sein de l’EHPAD », tient enfin à préciser Michel Mogan. Un bon moyen d’éviter les ruptures de parcours pour celles et ceux qui seraient amenés à emménager dans l’établissement voisin.

Pour Saverio Monferrato, chef de projet du dispositif Seniors Connect pour le GROUPE SOS Seniors, l’ouverture sur la vie des EHPAD représente en effet une avancée de taille : « Cela permet aux seniors de savoir à quoi s’attendre et de choisir s’ils veulent ou non s’installer en maison de retraite ». Sans oublier que les personnels les connaissent déjà, et peuvent donc plus facilement respecter leurs habitudes.
 

Intérêt réciproque

Parti d’une expérimentation menée dès 2016 en Alsace et Moselle, Seniors Connect repose sur deux axes, dont une mission de coordination. Pièce maîtresse du dispositif, la coordinatrice a la charge de proposer les solutions permettant aux bénéficiaires de rester à leurs domiciles le plus longtemps et dans les meilleures conditions possibles. Elle apporte également un soutien au quotidien, notamment d’ordre administratif. « Les personnes accompagnées apprécient d’avoir cet interlocuteur unique. Elle est perçue comme une sécurité, quelqu’un de confiance », constate Saverio Monferrato.

En parallèle, l’offre du GROUPE SOS Seniors permet elle aussi de profiter des activités dispensées à l’EHPAD. « Au départ, il pouvait y avoir une réticence au sein des institutions, avec la crainte d’un accaparement par ceux de l’extérieur, au détriment des résidents », se rappelle le chef de projet. Mais finalement, le constat est celui d’un bénéfice partagé : « Cela amène de la vie, de la fraîcheur à la maison de retraite ». Et des subventions supplémentaires… « Les animations peuvent être de meilleure qualité », conclut-il.
 

Besoins territoriaux

« À Metz, l’expérimentation a très bien fonctionné ». Le dispositif y a donc été pérennisé, tout comme dans trois autres EHPAD, avec le soutien de Malakoff Humanis, et la mise en place d’un abonnement de 35 € par mois. Pour autant, l’expérience ne prend pas partout. En témoigne l’EHPAD de Bischwiller, qui faisait partie de l’expérimentation originelle, ou l’initiative menée à Aulnay-sous-Bois rapidement arrêtée, car les seniors trouvaient leur compte dans ce qui préexistait sur le territoire.

Cette question du territoire, la Mutualité Française se l’est également posée en mettant en place ses Dispositifs Renforcés de soutien Au Domicile (DRAD). « Ces projets sont très dépendants de la capacité des acteurs locaux à se coordonner », souligne Guénaëlle Haumesser, directrice adjointe de l’offre de soins, de l’autonomie et des parcours, au sein de la fédération nationale. Faisant l’objet d’une autorisation depuis octobre 2020, cette expérimentation portée conjointement avec la Croix Rouge Française et le groupe HSTV, dans le cadre de l’article 51, est la plus importante menée à ce jour, et concerne au total 23 sites répartis sur toute la France, dont 11 sous l’égide de la Mutualité Française.
 

Expertise sécurisante de l’EHPAD

« Notre particularité est de proposer des projets pilotés soit par des EHPAD, soit par des SSIAD, explique encore Guénaëlle Haumesser. Il nous semblait intéressant, au bout de trois ans [temps de l’expérimentation, NDLR], de comparer les résultats ». Elle n’en souligne pas moins la place essentielle des EHPAD au sein des dispositifs mis en place. « Un DRAD ne serait pas un DRAD s’il n’y avait pas d’EHPAD en support, car ils sont le lieu où se concentre la plus grande expertise gériatrique et où il est le plus facile de mobiliser du personnel ».

À l’heure actuelle, près de 150 personnes bénéficient de l’offre de services extrêmement complète mise en place par la Mutualité Française, et notamment du pack technologique permettant, si besoin, d’assurer un suivi au domicile 24h/24, afin d’éviter les ruptures de parcours de santé. « Cela nous offre la possibilité de cibler des personnes GIR 1 ou 2, même si pour le moment nous accueillons une majorité de profils GIR 3 ou 4 ».
 

Quid de la pérennité ?

« Nos DRAD correspondent parfaitement à la nouvelle mission d’EHPAD centre ressources territorial, dans son volet hors les murs, contenue dans le PLFSS », conclut Guénaëlle Haumesser, pointant néanmoins son inquiétude quant à la dotation évoquée, de 100 000 € annuels par EHPAD« Notre expérimentation bénéficie d’un forfait mensuel de 1004 € par personne accompagnée, pourtant, nous constatons déjà que ce n’est parfois pas suffisant ». Pour assurer la pérennité des dispositifs, devront également se poser les questions du reste à charge et de la file active idéale.


Article publié dans le numéro d'octobre d'Ehpadia à consulter ici



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