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Actu et Management

Un encadrement plus efficace grâce au binôme infirmier – aide-soignant coordinateur


Rédigé le Lundi 29 Mars 2021 à 09:37

Souhaitant renforcer l’encadrement de proximité des équipes soignantes, la Résidence L’Arc-en-Ciel de Tullins, en Isère, s’est dotée d’une aide-soignante coordinatrice (ASCo) intervenant en binôme avec l'infirmière coordinatrice de l’établissement. Avec, à la clé, une vision plus proche du terrain et une meilleure flexibilité organisationnelle pour le management des équipes.


Anne-Laure Dubois, directrice de la Résidence Le Moulin de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, de la Résidence L’Arc-en-Ciel de Tullins-Fures et de la Résidence Bon Rencontre à Notre-Dame-de-l’Osier. ©DR
Anne-Laure Dubois, directrice de la Résidence Le Moulin de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, de la Résidence L’Arc-en-Ciel de Tullins-Fures et de la Résidence Bon Rencontre à Notre-Dame-de-l’Osier. ©DR
Implantées en Isère, la Résidence Le Moulin à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs, la Résidence L’Arc-en-Ciel à Tullins-Fures et la Résidence Bon Rencontre sur la commune de Notre-Dame-de-l’Osier ont de nombreux points communs. Outre le fait qu’elles soient toutes les trois gérées par la Fondation Partage et Vie, elles ont également mis en place des binômes d’encadrement uniques en leur genre, qui allient un Infirmier Diplômé d’État Coordinateur (IDEC) et un Aide-Soignant Coordinateur (ASCo). « Cette organisation avait été imaginée il y a quinze ans pour pallier le manque d’IDEC auquel faisait alors face le département », se souvient Anne-Laure Dubois directrice des trois sites. D’abord expérimentée à la résidence Bon Rencontre, la démarche a été dupliquée en 2015 à la Résidence L’Arc-en-Ciel, puis en 2016 à la Résidence Le Moulin. 
« La création du poste d’ASCo a partout permis de renforcer l’encadrement de proximité des équipes soignantes, tout en limitant le temps consacré par l’IDEC aux tâches administratives », poursuit la directrice qui insiste sur le fonctionnement en tandem de ces deux métiers. « ASCo et IDEC travaillent ensemble, elles se complètent », ajoute-t-elle. Alors, pour garantir un travail efficient, les responsables des trois sites attachent une grande attention aux recrutements, et plus particulièrement pour le poste d’ASCo pour lequel il n’existe, à ce jour, aucun diplôme ni formation spécifique. 

Stéphanie Moretti et Audrey Carlin, IDEC et ASCo de la Résidence L’Arc-en-Ciel de Tullins-Fures. ©DR
Stéphanie Moretti et Audrey Carlin, IDEC et ASCo de la Résidence L’Arc-en-Ciel de Tullins-Fures. ©DR

Un regard expert plus proche du terrain

« Pour les fonctions d’ASCo, nous privilégions le recrutement de personnes ayant déjà travaillé dans l’une de nos structures mais pas dans l’établissement demandeur, pour faciliter sa mission et limiter d’éventuelles difficultés relationnelles avec d’anciens collègues », continue Anne-Laure Dubois. Cette démarche, qui favorise donc l’évolution professionnelle des aides-soignants opérant au sein des trois résidences, est également un moyen « d’identifier les personnes qui seront le mieux à même de gérer les équipes ». Une procédure de recrutement en interne dont Audrey Carlin a profité. Ancienne aide-soignante à la Résidence Bon Rencontre, elle est, depuis 2015, l’ASCo de la Résidence L’Arc-en-Ciel de Tullin-Fures. « Avant d’obtenir ce poste, j’aidais régulièrement l’ASCo de la résidence », se souvient l’intéressée qui avoue néanmoins avoir craint que les soins ne lui « manquent trop », elle qui avait travaillé une quinzaine d’années en tant qu’aide-soignante. 
« J’ai fait une période d’essai de trois mois qui m’a confortée dans mon nouveau rôle », poursuit-elle. Cette valorisation de l’expérience acquise sur le terrain représente assurément l’une des clés de réussite pour ce binôme bien particulier. Elle offre en effet à la fois un regard expert synonyme de légitimité, mais aussi une meilleure proximité avec les autres soignants. « De par son poste et ses précédents acquis professionnels, l’ASCo est en contact étroit avec les équipes paramédicales, et notamment les aides-soignants », complète Stéphanie Moretti, IDEC de la Résidence L’Arc-en-Ciel, pour qui la présence de ce binôme offre par ailleurs « un soutien mutuel en toutes circonstances ». 

« Un atout indéniable »

« La première année, il a fallu s’adapter, se partager les tâches », se souvient Stéphanie Moretti, en poste depuis 2018. Depuis, pour elle comme pour la majorité des salariés de l’établissement, le binôme est devenu « un atout indéniable » qui a d’ailleurs joué tout son rôle ces derniers mois. « Lors de la crise sanitaire, nous nous sommes là encore réparties les tâches », raconte l’IDEC. « Alors que Stéphanie analysait les différentes recommandations, je préparais la mise en œuvre opérationnelle des différentes mesures de protection », complète Audrey Carlin. Le fonctionnement de l’établissement et du binôme a donc perduré, malgré les circonstances exceptionnelles. 
L’IDEC et l’ASCo continuent aujourd’hui de travailler main dans la main pour faire face aux difficultés et organiser les plannings de la quarantaine de personnes sous leur responsabilité. « Chaque mois, l’IDEC prépare le planning des infirmières et moi celui des aides-soignants. Nous nous relayons ensuite toutes les deux semaines, pour gérer les imprévus et les remplacements », précise l’ASCo. « C’est une tâche qui, si j’avais été seule, aurait occupé une grande partie de mon temps », confie l’IDEC. En partageant une tâche somme toute assez chronophage, l’infirmière peut donc être plus présente sur le terrain. « Ces tandems permettent aux IDEC d’assurer un encadrement de proximité tout en ayant également du temps pour développer de nouveaux projets et de nouvelles formations », ajoute Anne-Laure Dubois. 

Du temps pour mettre en œuvre des initiatives nouvelles

Ainsi, à la Résidence L’Arc-en-Ciel de Tullins-Fures, les initiatives ne manquent pas malgré la crise sanitaire. Les équipes ont par exemple pu s’engager dans le projet « Liberté, aller et venir », initiée par le médecin coordonnateur de l’établissement et qui engage toute une réflexion autour de la contention. Parallèlement, les équipes de Tullins-Fures ont également pu se former à la méthode Montessori. « L’idée étant ici de mettre l’accent sur les capacités encore présentes chez nos résidents, sans insister sur celles qui ne sont plus là. Les résidents apprennent seuls et font attention à leur environnement », explique l’IDEC qui espère avoir terminé la formation de tous les soignants d’ici à 2022. Encadrement de proximité, meilleure répartition des tâches et de la charge mentale ne sont donc par les seuls avantages du binôme IDEC-ASCo : ce fonctionnement si particulier, qui ne devrait pas tarder à faire des émules, permet également à tous, soignants comme résidents, de gagner en confort.  


 



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