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Eurasenior, un incubateur pour mettre l’innovation au service du bien-vieillir


Publié le Mercredi 30 Novembre 2022 à 11:40

Créé il y a tout juste un an à l’initiative de l’accélérateur d’innovations Eurasanté, l’incubateur Eurasenior est le premier du genre à être exclusivement dédié à la Silver Économie. Ancré à Arras, dans les Hauts-de-France, au cœur d’un écosystème déjà très dynamique, il s’attache à accompagner les projets novateurs au bénéfice du bien-vieillir, comme nous l’explique sa responsable, Camille Sandevoir.


Eurasenior, un incubateur pour mettre l’innovation au service du bien-vieillir
Dans quel contexte l’incubateur Eurasenior a-t-il vu le jour ?
Camille Sandevoir : Cela faisait déjà plusieurs années que l’accélérateur Eurasanté accompagnait des projets en lien avec le bien-vieillir, mais ceux-ci s’inscrivaient dans une vision uniquement sanitaire. Or celle-ci s’est peu à peu révélée limitante, car le bien-vieillir recouvre également d’autres problématiques, comme l’a d’ailleurs montré la crise sanitaire. De plus en plus de start-ups ont commencé à nous solliciter sur le bien-vieillir dans toutes ses dimensions et, en cherchant la manière dont nous pourrions les aider au mieux, nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait aucun incubateur dédié à la Silver Économie au sens large, y compris à l’échelle nationale ou européenne. C’est ainsi qu’a germé l’idée d’Eurasenior. Nous étions alors début 2021. Quelques mois plus tard, plus précisément le 12 octobre, Eurasanté lançait officiellement cet incubateur qui s’attache, depuis, à favoriser l’innovation au bénéfice de la population vieillissante.

Pourquoi avoir souhaité disposer d’une structure s’intéressant spécifiquement à la Silver Économie ?
Parce que l’écosystème est ici particulièrement complexe, avec une multitude d’acteurs et de modalités de financement. Les rôles sont certes assez bien répartis, mais les missions s’entremêlent parfois, ce qui démultiplie les risques d’échec pour quiconque n’en maîtrise pas les subtilités. Les personnes âgées représentent en outre une population difficile à capter pour coconstruire des solutions adaptées, d’autant que leurs besoins diffèrent selon qu’elles résident en milieu rural ou urbain, et que chaque territoire a des spécificités qui lui sont propres. Créer un incubateur spécifique faisait donc sens.

Quelle est aujourd’hui la vocation d’Eurasenior ?
Nous accompagnons tout projet en lien avec le bien-vieillir, qu’il tourne autour de la santé des seniors, de leur habitat, de leurs loisirs et leurs finances, de la nutrition, de l’aide aux aidants, etc. Notre objectif : aider les porteurs de projet à comprendre l’écosystème dans lequel ils s’insèrent, mais aussi initier des passerelles afin de consolider et d’enrichir cet écosystème. Nous cherchons ainsi à favoriser la constitution d’entreprises pérennes, qui à la fois créent des emplois et de la valeur dans notre région tout en apportant des services novateurs pour les seniors et leur entourage.

Eurasenior est implanté à Arras. Pourquoi avoir opté pour cette localisation ?
L’Artois dispose d’un écosystème particulièrement dynamique autour du bien-vieillir, avec une labellisation « Ville amie des Aînés », une université très active, des collectivités locales fortement engagées et qui nous ont témoignés leur soutien, ainsi qu’un certain nombre de structures bien implantées, comme l’association La Vie Active. C’est donc à notre sens un écosystème porteur, à partir duquel nous pouvons couvrir toute la région des Hauts-de-France. Trente projets ont déjà été accompagnés depuis notre création il y a maintenant un an, parmi lesquels 20 sont toujours en cours.

Quelle est la typologie de l’accompagnement proposé ?
Nous proposons aujourd’hui trois programmes complémentaires. « Age Start » accompagne les projets à leurs débuts, en proposant des formations intensives autour du monde de l’entrepreneuriat et/ou de l’univers de la Silver Économie afin que leurs porteurs puissent se constituer un socle solide et par conséquent limiter les risques d’échec. Vient ensuite « Age Incubation », d’une durée de 18 à 24 mois et qui vise à accompagner le déploiement en tant que tel, depuis l’expérimentation en conditions réelles jusqu’aux premières tractions commerciales, de manière à valider la viabilité du projet et entraîner la levée de fonds qui permettra d’en accélérer le développement. Et enfin « Age Accélération », qui sera lancé d’ici la fin de l’année avec pour objectif de permettre la pérennisation du modèle économique, par exemple en anticipant les développements futurs et en définissant une stratégie de nationalisation. À savoir : nous organisons quatre comités par an pour sélectionner les start-ups accompagnées. Le prochain se tiendra en décembre, avec une réception des dossiers de candidature attendue pour le 18 novembre 2022.

Pourriez-vous évoquer les innovations accompagnées ?
Il est difficile de toutes les citer ! Par exemple, l’une de nos start-ups a conçu une plateforme d’activités physiques adaptées, une autre a mis au point une carte de paiement permettant de sécuriser les dépenses réalisées par les aidants, une troisième a développé un système de freinage novateur pour fauteuils roulants, une autre encore a imaginé une plateforme pour la réalisation de bilans et la mise en œuvre d’une stratégie de prévention adéquate chez les jeunes seniors… J’évoquerai aussi la capsule de simulation sensorielle par réalité virtuelle, initialement pensée pour proposer des animations ou apaiser un patient avant un soin et qui a, depuis, trouvé d’autres applications auprès des soignants, pour faire une pause dans leur quotidien et se ressourcer. Ce qui montre bien qu’en améliorant le bien-être des seniors, nous agissons également sur celui de leurs aidants.

Certains projets s’intéressent d’ailleurs spécifiquement à la qualité de vie des aidants.
C’est en effet notamment le cas d’une plateforme web autour de l’énurésie, qui leur permet entre autres de trouver la bonne protection pour la bonne personne et de souscrire à un service de livraison, de manière à toujours disposer d’un stock suffisant. Pour donner de la visibilité à ces projets et à ceux portés par les entreprises de la Silver Économie dans les Hauts-de-France, nous avons noué un certain nombre de partenariats, par exemple avec le showroom HIPÂ de l’EHPAD du Bon Air, à côté de Béthune. Mais nous comptons bien ouvrir à terme notre propre showroom !

Le mot de la fin ?
Pour aller toujours plus loin dans l’accompagnement de la filière Silver Économie dans les Hauts-de-France, nous cherchons également à former les entrepreneurs de demain et avons donc créé à cette fin le Diplôme Universitaire « Entreprendre en Silver Économie », en partenariat avec l’Université d’Artois. La première session débutera en janvier 2023, nous sommes donc en cours de recrutement des futurs étudiants, qui devront nous adresser leur dossier de candidature avant le 5 décembre. Nous lançons donc un appel à tous ceux ayant un projet novateur autour du bien-vieillir et qui souhaiteraient développer leur profil d’entrepreneur, mais aussi à ceux intéressés par cette dynamique et qui cherchent à acquérir des clés utiles afin de rejoindre par la suite un projet existant !

- Plus d’informations sur www.eurasenior.fr
- Pour candidater aux programmes de l’incubateur Eurasenior, rendez-vous sur https://www.eurasenior.fr/candidater/
- Pour le DU « Entreprendre en Silver Économie » : http://www.univ-artois.fr/toutes-les-actualites/ouverture-du-diplome-universitaire-entreprendre-en-silver-economie

Article publié dans le numéro d'octobre d'Ehpadia à consulter ici



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