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Confort de vie

L’Institut Nutrition étudie les comportements alimentaires


Rédigé le Lundi 8 Mars 2021 à 09:54

Lancé il y a un an, l’Institut Nutrition, fondation d’entreprise de Restalliance, s’est donné pour ambition « d’innover pour le plaisir et la santé des personnes fragiles ». Grâce à une dotation de 500 000 € sur cinq ans, cette nouvelle entité entend ainsi soutenir la recherche, expérimenter, et mener des actions prospectives. Anne Moreau, sa déléguée générale, nous en dit plus.


Anne Moreau, déléguée générale de l’Institut Nutrition. ©DR
Anne Moreau, déléguée générale de l’Institut Nutrition. ©DR
Pourquoi la société Restalliance a-t-elle décidé de se lancer dans l’aventure de la fondation d’entreprise ?
Anne Moreau
: Ce spécialiste de la restauration collective et des services hôteliers dans le secteur de la santé, a la particularité de s’adresser exclusivement à des personnes en état de fragilité, qu’elles soient âgées, en situation de handicap ou hospitalisées. Pour marquer cette expertise de plus de 25 ans, nous avons donc souhaité créer un véhicule de recherche, qui a d’abord pris la forme d’une association-loi 1901, avant de devenir, en janvier 2020, l’Institut Nutrition. Il s’agit actuellement de la seule fondation d’entreprise de restauration collective dédiée à la nutrition, et elle a été dotée de 500 000 €, pour un mandat pluriannuel de cinq ans, ce qui est complètement inédit !

Quelles sont vos ambitions ?
La mission de l’Institut Nutrition peut se résumer ainsi : innover pour le plaisir et la santé des personnes fragiles d’aujourd’hui et de demain. Notre ambition est de décloisonner les savoir-faire et les connaissances des métiers liés à l’alimentation des personnes fragiles, de créer une communauté de professionnels impliqués sur les questions de la nutrition et du bien-être, avec un fort esprit innovant et la capacité d’accompagner la mise en œuvre de ces idées sur le terrain. Pour cela, l’Institut Nutrition s’est doté d’un conseil scientifique composé de personnalités reconnues, issues du monde scientifique et médical. Et preuve de notre sérieux, nous nous sommes engagés, dès notre première année, à consacrer 65 % de notre budget à la recherche.

Comment cela se traduit-il concrètement ?
Nous avons choisi l’angle du comportement alimentaire comme fil rouge de nos actions, que nous avons regroupées en trois activités : le soutien à la recherche ; l’expérimentation de solutions concrètes sur le terrain ; et enfin, le décryptage et l’anticipation des tendances sociétales qui viendront impacter les envies des convives de demain, afin de créer les solutions du futur. En termes de soutien à la recherche, nous avons opté pour la création d’un prix de recherche doté d’un montant de 10 000 €. Celui-ci entend favoriser des projets de recherche-action embrassant à la fois les domaines des sciences de la vie et de la santé, mais également des sciences humaines et sociales, tels que la sociologie et la psychologie des personnes fragiles, en lien avec l’alimentation.

Quel est l’intérêt de cette approche portée sur les sciences humaines ?
Ce qui conditionne le comportement alimentaire se trouve bien souvent en dehors du contenu de l’assiette. Comme nous l’avons encore constaté lors du confinement, le contexte social et émotionnel de l’acte alimentaire a un impact majeur sur l’appétit, et donc sur les quantités consommées et finalement l’état nutritionnel des personnes. Notre travail avec des sociologues, tels que Mélissa Petit, spécialiste du vieillissement, ou Maxime Michaud, anthropologue au Centre de Recherche de l’Institut Paul Bocuse, a vocation à venir éclairer nos observations en les inscrivant dans des connaissances plus théoriques des grands fonctionnements humains et à nous permettre de mieux comprendre quels sont les facteurs qui vont venir stimuler, renforcer ou au contraire amoindrir le plaisir de manger et les sensations alimentaires.

Qu’en est-il de votre deuxième pilier : l’expérimentation sur le terrain ?
Pour ce volet expérimentation, nous allons travailler sur un format de recherche participative. En 2020, mon conseil scientifique et moi-même avons choisi un thème d’actualité : les protéines végétales. À une époque où la transition alimentaire est devenue une priorité, nous nous demandons quelle est la bonne façon d’appréhender le sujet avec la personne âgée. Nous aimerions savoir si d’un point de vue éthique et nutritionnel, il est convenable de forcer cette consommation, et si tel est le cas, de quelle façon le faire pour respecter au maximum le plaisir alimentaire.

Votre dernier axe entend, quant à lui, anticiper les comportements alimentaires à venir. Comment vous y prenez-vous ?
Pour cela, j’ai mandaté le CRÉDOC* afin d’animer des ateliers prospectifs visant à répondre à la question suivante : « Que mangerons les 70 ans + à horizon 2030 » ? Les réunions du comité d’experts spécialement créé ont permis de faire émerger une liste de 55 facteurs variants susceptibles d’impacter les préférences, les choix et les habitudes alimentaires dans la prochaine décennie. Cette liste a ensuite été soumise à plus de 30 professionnels de la Silver Économie chargés de noter la probabilité d’apparition de ces facteurs, ainsi que l’impact positif ou négatif qu’ils pourraient avoir sur l’état nutritionnel de nos aînés. En découleront des scénarios, actuellement en cours de finalisation par Pascale Hébel, directrice du pôle consommation et prospective du CRÉDOC. 

Vous parliez également de créer les solutions du futur…
Effectivement, la suite de cette démarche prospective sera certainement, en s’appuyant sur le scénario qui nous paraîtra le plus probable, de se tourner du côté de la French Tech pour voir s’il serait possible de concevoir une application ou un outil qui viendrait répondre aux besoins identifiés.

* Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie.

©DR
©DR

​Les Rencontres de l’Institut Nutrition

Les premières Rencontres de l’Institut Nutrition se sont tenues le 24 novembre 2020, en plateau TV diffusé en direct. L’événement a été l’occasion de remettre le 1er prix de recherche de l’Institut. Un trophée remporté par le Centre Hospitalier de Fumel, pour son projet Glacier Libre et Ambulant au Caractère Époustouflant (G.L.A.C.E).

​Observatoire « Covid-19 & comportements alimentaires des personnes âgées en institution »

L’été dernier, l’Institut Nutrition lançait un observatoire ayant pour but d’évaluer les impacts du confinement sur le comportement alimentaire des résidents. Ses résultats, publiés en décembre, relèvent que l’isolement en chambre et le manque de liens humains sont les changements susceptibles d’avoir engendré le plus d’impacts sur les comportements alimentaires, avec une diminution de l’appétit et du plaisir de manger. Pour autant, la majorité des résidents affirment ne pas avoir ressenti de modification de leurs habitudes alimentaires. Les aidants professionnels avancent le contraire à 80 %, et évoquent en premier lieu, une attirance exacerbée pour les produits sucrés. En termes d’enseignements, le maintien du lien social est jugé comme la priorité numéro un pour favoriser une bonne alimentation, avant même le plaisir et la personnalisation des repas.

- L’ensemble des résultats est à consulter sur le site de l’Institut Nutrition : www.institut-nutrition.fr.


 



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