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Old’Up, les « vieux debout »


Publié le Vendredi 18 Juin 2021 à 09:55

Face à l’âgisme et à leur « infantilisation » par la société, les personnes âgées s’organisent pour faire entendre leurs voix. Un mouvement de fond auquel participe l’association Old’Up, créée il y a plusieurs années et qui intervient désormais dans plusieurs instances.


©DR
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Mardi 2 mars dernier, une députée La République En Marche déposait une proposition de loi pour lutter contre l’âgisme. Un terme encore peu connu du grand public, mais qui tend à se démocratiser en appuyant les interrogations autour de la place des personnes âgées dans notre société. Associations, syndicats et représentants métiers de tous âges en appellent ainsi à une plus grande considération des « anciens ». « Depuis 50 ans, nous avons considérablement amélioré le traitement et le regard de la société sur les enfants, pourquoi ne pas en faire autant avec les personnes âgées ? », s’interrogeait par exemple, en janvier dernier, Marie-Françoise Fuchs, médecin et fondatrice de Old’Up, lors du congrès de la Fédération Nationale des Associations de Directeurs d’Établissements et Services pour Personnes Âgées (FNADEPA).

« Porter la voix du plus grand nombre »

« Plus jeunes mais pas si vieux », tel est le slogan de cette association dont les adhérents ont plus de 70 ans. En temps normal, ses membres se réunissent un peu partout en France pour assister à des conférences, des ateliers ou des évènements autour de sujets variés. « Old’Up est un lieu de réflexion, de recherche-action et un lieu de communication », indique ainsi Martine Gruère, vice-présidente de Old’Up dans la vidéo de présentation de l’association. Pour elle, Old’Up permet aussi « de porter la voix du plus grand nombre auprès des politiques et des médias, de telle façon qu’en France, on reconnaisse que le vieux est une personne ». Cet enjeu, c’est bien l’un des principaux objectifs de l’association qui intervient dans de nombreuses instances. Consultés dans le cadre de la proposition de loi contre l’âgisme, les membres de Old’Up sont également régulièrement présents à la Haute Autorité de Santé, au Conseil Économique, Social et Environnemental ainsi que dans plusieurs conseils régionaux, départementaux et municipaux. 

Plus de considération

De façon plus spécifique, ces « vieux debout », sont aussi partie prenante des débats engagés par les acteurs du secteur, en participant aux réflexions de la Silver Valley, aux réunions de la Fondation Korian pour le Bien Vieillir et à plusieurs gérontopôles dont ceux de Toulouse et de Normandie. « Nous sommes tous des humains, quelle que soit notre situation, quel que soit notre âge. À ce titre, nous méritons d’être considérés, d’être dans ce monde et de continuer à l’être, sans être minorés. On veut s’occuper de nous, on veut nous soigner plutôt que nous prendre en compte en tant que personne entière », poursuit Martine Gruère. 

« Le regard des autres peut rendre irascible »

Comme elle, de nombreux adhérents de Old’Up appellent à une revalorisation de la place des aînés dans la société, à un changement de regard sur les personnes âgées mais aussi sur la vieillesse en général. « Évidemment, en vieillissant, on perd. On observe des changements énormes sur nos fonctions, nos capacités ou même les gens qui nous accompagnent. Mais vieillir est aussi un gain !Une chance d’être encore en vie. Cela, on doit pouvoir en profiter, prendre le temps d’avoir une réflexion sur notre vie mais aussi s’adapter à la nouvelle sans devenir irascible mais, au contraire, bienveillant et souriant », confie Marie-Françoise Fuchs. 

Vers une « ouverture » ?

Pour la médecin, « le regard des autres peut rendre irascible », ce qui montre là encore l’importance de lutter contre l’âgisme dans la société.  Lieux privilégiés pour la vie en collectivité, les EHPAD ne font pas exception à la règle car, comme l’a rappelé Marie-Françoise Fuchs lors du congrès de la FNADEPA : « Tous les EHPAD ne sont pas fermés à clé. Beaucoup permettent au contraire de limiter l’isolement, de garder un contact avec le monde ». Ces derniers mois, la crise sanitaire a pourtant imposé la fermeture de ces lieux de vie. « On a fortement entendu les préoccupations des équipes, des directeurs mais assez peu celles des personnes âgées », regrette d’ailleurs Marie-Françoise Fuchs. Devant le choc des confinements, elle, et beaucoup d’autres, militent pour engager une réflexion globale sur l’ouverture des murs des EHPAD, et ce « même en temps de crise ». Que ce soit au niveau des murs ou de l’esprit, il semble bien que « ouverture »soit le mot d’ordre de cette génération qui exige d’être mieux considérée mais aussi mieux impliquée dans sa propre vie. La Silver Démocratie, un concept d’avenir ?

- Plus d’informations sur le site d’Old’Up : www.oldup.fr.

Article publié dans le numéro de janvier d'Ehpadia à consulter ici  
 

Nouveau rapport sur l’âgisme et prise de position de l’AD-PA

Après celui de 2015, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a présenté, le 18 mars dernier, son nouveau rapport contre l’âgisme, rappelant à cette occasion qu’à l’échelle mondiale, une personne sur deux fait preuve de discrimination par l’âge à l’égard des seniors. En 2015 déjà, elle mentionnait certains travaux de recherche montrant que les personnes âgées ayant une attitude négative vis-à-vis de leur propre vieillissement vivent en moyenne 7,5 années de moins que celles ayant une attitude positive. « Nos sociétés restent encore très imprégnées d’âgisme, d’autant plus que cette discrimination y est très mal repérée et encore très répandue, déplore l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). L’âgisme est d’autant plus délétère qu’en plus de discriminer les plus âgés de nos sociétés, elle dessert les plus jeunes en ne leur permettant pas de nourrir une vision rassurante de leur avenir qui est… de devenir vieux ». L’association demande donc à l’État de « mettre en évidence la réalité de l’âgisme, et d’en souligner le caractère intolérable, comme il le fait à juste titre dans le cas d’autres discriminations comme le racisme, l’antisémitisme, le sexisme ou l’homophobie », mais aussi de « mieux aider les personnes âgées, en établissement comme à domicile […] en favorisant leur expression et représentation ».
 
- Le rapport de l’OMS peut être consulté sur le site de l'organisation



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