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Confort de vie

ICOPE, un programme de l’OMS pour le « bien vieillir »


Publié le Lundi 21 Juin 2021 à 09:47
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Intégré à la plateforme INSPIRE, elle-même spécialisée en gérosciences, le programme ICOPE développé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prévoit plusieurs mesures pour évaluer et prévenir la perte d’autonomie. D’ores-et-déjà applicables aux résidents, elles pourraient également permettre aux EHPAD de développer des actions en faveur du « bien vieillir » à l’échelle de leur territoire.


Le Pr Bruno Vellas, coordonnateur du gérontopôle du CHU de Toulouse. ©DR
Le Pr Bruno Vellas, coordonnateur du gérontopôle du CHU de Toulouse. ©DR
« Pour bien vieillir et prévenir la dépendance, nous avons besoin d’une médecine préventive à grande échelle ».Pour le Pr Bruno Vellas, coordonnateur du gérontopôle du CHU de Toulouse, l’instauration d’une démarche de « bien vieillir » doit avant tout passer par une mise en application accrue d’une politique de prévention de la dépendance. « En vieillissant, pour continuer à être autonome, il faut pouvoir conserver six fonctions définies par l’Organisation Mondiale de la Santé : la vue, l’audition, la mobilité, la mémoire, le bien-être psychologique et la nutrition », détaille le gérontologue.

Pour prévenir les différents troubles qui peuvent intervenir dans l’une ou l’autre de ces six fonctions, l’OMS a développé un programme de suivi et de prévention de la perte d’autonomie, nommé ICOPE pour Integrated Care for Older People (soins intégrés pour les personnes âgées). « Le but de l’OMS est de réduire de 15 millions le nombre de personnes dépendantes dans le monde d’ici 2025, soit environ 150 000 en France, précise le Pr Bruno Vellas. On peut d’autant plus endiguer le processus de pertes fonctionnelles qu’on le prend en charge tôtOn a longtemps travaillé sur la fragilité. Mais quand une personne est fragile, elle a souvent déjà perdu trois à quatre fonctions. Il est alors plus difficile de les rétablir ».

Un outil de prévention

En tant que centre collaborateur de l’OMS pour la fragilité, la recherche clinique et la formation en gériatrie, le gérontopôle du CHU de Toulouse et la plateforme INSPIREpour la prévention et le vieillissement en santé [voir encadré] ont implémenté le programme ICOPE en leur sein. Les équipes toulousaines ont ainsi développé deux outils numériques, l’application ICOPE Monitorsur smartphone et tablettes et le chatbot BOTFRAILsur ordinateur. L’un comme l’autre permettent d’effectuer, pour les personnes de plus de 60 ans, un suivi des six fonctions d’autonomie définies par l’OMS. Rempli tous les quatre à six mois, un questionnaire permet ainsi d’objectiver un changement à partir de critères-clés. « ICOPE permet d’évaluer les fonctions principales en une dizaine de minutes », résume Bruno Vellas.

Pour la mobilité, par exemple, l’application demande à la personne de se lever cinq fois d’une chaise, sans appui sur les bras et en moins de 14 secondes. « Si elle n’y arrive pas, on peut alors chercher et soigner plus rapidement la cause d’une telle situation », complète le professeur. Effectivement, si un déclin est enregistré par l’application, une alerte est envoyée au centre de télésuivi ICOPE du gérontopôle de Toulouse. Un infirmier appelle alors la personne concernée pour vérifier l’information, avant de la rediriger vers son médecin traitant si la baisse d’autonomie est avérée.

L’Occitanie, région expérimentatrice pour ICOPE

Disponible depuis mai 2020 pour le grand public, ICOPE Monitorbénéficie d’un fort soutien à l’échelle de la région Occitanie. Le programme bénéficie ainsi d’un financement dédié et permet une rémunération, à hauteur de 15 euros par utilisation, des infirmiers libéraux se rendant chez des personnes de plus de 70 ans. « Pour les utilisateurs, l’application et tout le système sont gratuits, la rémunération des infirmier libéraux est prise en charge par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Occitanie », rappelle Bruno Vellas. Le projet INSPIRE ambitionne désormais de suivre via l’application 200 000 personnes en Occitanie à l’horizon 2025.Un chiffre auquel il faudra ajouter les résidents d’autres régions, puisqu’au vu de la situation sanitaire, l’outil a été ouvert à l’ensemble du territoire français.  ICOPE fera d’ailleurs prochainement l’objet d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI), ce qui devrait accélérer encore son développement.   

Les EHPAD au centre de la démarche ?

Recommandé également pour les personnes de plus de 60 ans allant d’un Groupe Iso-Ressources (GIR) 6 à 4, ICOPE Monitor pourrait être potentiellement appliqué à 20 ou 30% des résidents d’EHPAD. Il s’agira, là encore, « de prévenir la dépendance et l’aggravation de celle-ci », rappelle le Pr Bruno Vellas. Il estime cependant que les EHPAD pourraient aller encore plus loin dans la promotion du « bien vieillir », en dépassant « la simple utilisation en interne pour développer l’utilisation d’ICOPE sur tout leur territoire de proximité ».Réalisés avec le concours d’une tierce personne et s’appuyant sur des outils numériques, les tests d’ICOPE peuvent en effet poser quelques difficultés. Pour Bruno Vellas, les EHPAD pourraientalors « jouer le rôle de relais territoriauxpour réaliser ces tests auprès des personnes qui ne peuvent le faire elles-mêmes ». En s’impliquant activement dans la prévention de la dépendance et de la perte d’autonomie, les EHPAD joueraient alors ici un rôle central au sein de leur territoire. Une manière de faire « tomber les murs » en s’ouvrant toujours plus vers l’extérieur.

Article publié dans le numéro d'avril d'Ehpadia à consulter ici
 

INSPIRE, entre prévention et recherche

Porté par le Professeur Bruno Vellas, fondateur du gérontopôle, le projet INSPIRE a officiellement été créé à la fin de l’année 2018. Cet institut pour la prévention, le vieillissement en santé et la médecine régénératrice comporte, outre le programme ICOPE, tout un volet sur la recherche en gérosciences. « Le vieillissement, principal facteur de perte d’autonomie, est souvent confondu avec l’âge », constate le Pr Bruno Vellas. En recherche fondamentale, la plateforme projet INSPIRE tente donc d’identifier les biomarqueurs du vieillissement, soit de déterminer l’âge biologique, « l’âge réel » d’un individu. 

- Plus d’informations sur le site d’INSPIRE : https://inspire.chu-toulouse.fr
 



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