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La DREES se penche sur les difficultés de recrutement en EHPAD


Rédigé le Dimanche 7 Octobre 2018 à 18:05

Près d’un EHPAD sur deux est confronté à des difficultés de recrutements. Ce sont les conclusions de l’étude récemment publiée par la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des statistiques (EHPAD), et basée sur les résultats de l’étude quadriennale menée auprès de 10 870 établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPA 2015), dont 7 400 EHPAD.


D'après l’enquête de la DREES, les 7 400 EHPAD que compte la France fin 2015 « proposent 600 400 places d’hébergement, dont plus de 585 000 sont occupées », et emploient « plus de 430 000 personnes pour un volume horaire équivalent à 377 000 équivalents temps plein (ETP) » – ce qui représente, toutes professions confondues, un taux d’encadrement moyen de 62,8 ETP pour 100 places au 31 décembre 2015. Des disparités existent néanmoins en fonction du statut juridique des établissements. Ainsi le taux d’encadrement s’élève à 55,6 professionnels pour 100 places dans les établissements privés à but lucratif, là où il est de 69,9 professionnels pour 100 places dans les établissements publics hospitaliers, soit une différence de dix points. Il est par ailleurs de 59,3 professionnels pour 100 places dans les EHPAD privés à but non lucratif, et de 69,8 pour 100 places dans les EHPAD publics non hospitaliers.

Ces établissements « se différencient également par la répartition des catégories de personnel employé », précise l’étude réalisée par Mahel Bazin et Marianne Muller pour la DREES. En ce qui concerne le personnel soignant, principalement les aides-soignants et les infirmiers, le temps d’encadrement « varie de 22,8 postes par tranche de 100 places pour les structures privées à but lucratif à 36,7 pour les structures publiques hospitalières ». Le personnel soignant représente donc 56% des effectifs d’un EHPAD public hospitalier, contre 41% pour les autres établissements. La situation est toute autre pour ce qui est de la présence de personnels d’animation, plus fréquente dans les EHPAD privés, particulièrement ceux à but lucratif, « où il représente près de 20% des emplois, soit 9,8 ETP pour 100 places » contre 3,2 pour les EHPAD publics hospitaliers. Des disparités aisément explicables : « les dépenses relatives au personnel d’animation sont entièrement recouvertes par le tarif d’hébergement, or ce dernier est plus élevé au sein des structures privées à but lucratif », rappellent les auteurs.
 

Des postes non pourvus depuis six mois ou plus

En 2015, « 44% des EHPAD déclarent rencontrer des difficultés de recrutement ». Par ailleurs, 63% de ces structures « ont au moins un poste non pourvu depuis six mois ou plus » et sont donc amenées à fonctionner en sous-effectifs. Les postes les plus concernés sont ici ceux de médecins coordonnateurs et d’aides-soignants ; 10% des EHPAD, soit « près d’un quart des structures déclarant des difficultés de recrutement », ont un poste de médecin coordonnateur non pourvu depuis au moins six mois, et 9% (soit 21% des établissements rencontrant des difficultés) ont un poste d’aide-soignant non pourvu pour une période similaire. « Le recrutement des infirmiers pose moins de problèmes, car seulement 4% des établissements confrontés à des problèmes de recrutement ont un ou plusieurs postes […] non pourvus depuis six mois ou plus », précisent les auteurs.
 

Des difficultés de recrutement variables selon les secteurs

Les EHPAD ne sont toutefois pas tous égaux face aux problèmes de recrutement : le phénomène est en effet plus ou moins marqué en fonction du statut juridique de l’établissement. Ainsi, « 49% des établissements privés déclarent y être confrontés contre 38% des établissements publics ». L’analyse des postes non pourvus montre également « des difficultés spécifiques à l’emploi de certaines professions selon le statut juridique de l’EHPAD ». Si 13% des EHPAD publics non hospitaliers ont des postes de médecins coordonnateurs non pourvus, ce n’est le cas que de 8% des établissements privés à but lucratif. A contrario, 16% de ces derniers ont des postes d’aides-soignants non pourvus, contre 6% des EHPAD publics hospitaliers. 

Les postes de soignants en EHPAD hospitalier sont pour leur part « rarement vacants pendant plus de six mois : […] 6% seulement de ces structures ont des postes de médecins coordonnateurs non pourvus et elles ne sont plus que 3% pour les postes d’aides-soignants ». Le turn-over du personnel soignant est enfin moindre dans les EHPAD publics hospitaliers : les aides-soignants en poste dans un EHPAD privé lucratif au 31 décembre 2015 « travaillent en moyenne depuis 5 ans et demi dans la structure, contre 11 ans et 4 mois d’ancienneté en EHPAD public hospitalier ». Les médecins coordonnateurs restent également en moyenne plus longtemps en EHPAD public, notamment hospitalier, que dans le secteur privé.

Mahel Bazin et Marianne Muller, « Le personnel et les difficultés de recrutement dans les EHPAD », Études et Résultats numéro 1067, DREES, juin 2018.

À consulter sur http://drees.solidarites-sante.gouv.fr

 



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