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Pharmacie / Hygiène

PDA automatisée : un impact positif sur tout le circuit du médicament


Rédigé le Lundi 13 Septembre 2021 à 16:26

Initiée depuis déjà plusieurs années, l’automatisation des pharmacies assure une meilleure sécurisation du circuit du médicament, notamment en ce qui concerne la Préparation des Doses à Administrer (PDA). Imposant une modification des conditionnements, ces technologies nécessitent néanmoins une adaptation des équipes soignantes.


Le Docteur Patricia Le Gonidec, pharmacienne responsable de l’Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (Omedit) d’Île-de-France. ©DR
Le Docteur Patricia Le Gonidec, pharmacienne responsable de l’Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (Omedit) d’Île-de-France. ©DR
S’emparant progressivement des innovations techniques et des avancées de la robotique, les pharmacies automatisent toujours plus de tâches, qu’il s’agisse du stockage des produits de santé, de la préparation de doses à administrer (PDA) ou de la délivrance médicamenteuse. Une évolution à laquelle n’échappent pas les EHPAD, de plus en plus confrontés aux fameux « escargots », ces rouleaux de sachets contenant les traitements et préparés par un automate. Les robots de PDA s’implantent ainsi dans tous les types de pharmacies, les officines – dont certaines se sont spécialisées dans cette nouvelle organisation – comme les Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) des établissements sanitaires et médico-sociaux. « L’augmentation s’observe particulièrement dans les établissements de santé ayant pour objectif d’approvisionner également des établissements médico-sociaux (EHPAD en particulier) », indique l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France.
 

Deux principales familles d’automates

« Pour automatiser la PDA, il existe plusieurs types de technologies, qui se répartissent entre les automates de déconditionnement et ceux de sur-conditionnement », explique le Docteur Patricia Le Gonidec, pharmacienne responsable de l’Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (Omedit) d’Île-de-France. Dans un cas comme dans l’autre, les machines insèrent les médicaments dans un ou plusieurs sachets, avant de les étiqueter pour y indiquer le nom de la personne, son numéro de chambre, la dénomination du ou des médicaments concernés accompagnée d’un court descriptif. « Pour des raisons économiques, on met souvent plusieurs médicaments par sachet. Quoique succincte, cette description est donc essentielle puisqu’il faut pouvoir retirer un traitement à tout moment », détaille-t-elle.

Malgré ce principe de fonctionnement similaire, les automates de déconditionnement et de sur-conditionnement diffèrent cependant sur un point essentiel : le remplissage des réservoirs, qui s’effectue pour les premiers avec des comprimés nus, et pour les seconds avec des médicaments restés sous blister. « Plus rares, les automates de sur-conditionnement sont assez spécifiques :  ils sont plus chers et offrent une cadence plus faible, mais ils assurent une plus grande sécurité puisque les médicaments ne sont pas déconditionnés au préalable, indique Patricia Le Gonidec. Ce qui permet non seulement de gagner un peu de temps, mais aussi et surtout de limiter les manipulations. Il est également possible d’intégrer à la machine des comprimés de type Lyoc [forme orale se dissolvant instantanément au contact de la salive – NDLR] ».
 

Des outils synonymes de sécurité accrue

Cela étant dit, ces deux familles d’automates offrent une plus grande sécurité qu’une préparation manuelle des piluliers, d’autant qu’elles enregistrent et tracent systématiquement le lot et la date de péremption des comprimés. L’automatisation des pharmacies répond donc à la fois aux enjeux de sécurisation sanitaire, de réduction du risque iatrogène et de restructuration des établissements, tout en permettant d’optimiser leur activité en offrant un travail en temps masqué. « Dans les EHPAD qui réalisent eux-mêmes la confection des piluliers, cette opération est souvent réalisée la nuit par des soignants », constate Patricia Le Gonidec, déplorant par là-même une « perte de temps infirmier précieux ». Pour limiter l’impact de cette mission, la pharmacienne conseille donc aux établissements médico-sociaux de « sous-traiter la préparation des traitements pour gagner du temps de présence auprès des résidents ».
 

Une automatisation se prépare en intégrant toutes les équipes

Mais, même dans le cas d’une sous-traitance contractualisée avec un prestataire automatisé, les établissements n’en doivent pas moins être préparés, en ayant sécurisé les systèmes d’information gérant la prescription, prévu un circuit de signalement des erreurs, et surtout formé leurs équipes. « Ouvrir les sachets, préparer la prise des médicaments, vérifier rapidement le contenu, s’assurer qu’ils sont bien sortis des blisters le cas échéant… Tout ceci est une nouvelle culture, une nouvelle organisation qui nécessite un certain apprentissage. C’est pourquoi, lors de la mise en place d’un système d’automatisation, il est important d’avoir associé tout le monde en amont, soignants comme prescripteurs », conclut la responsable de l’Omedit Île-de-France. Un constat de bon sens pour assurer le succès de la démarche.

Article publié dans le numéro de juillet d'Ehpadia à consulter ici
 

Plusieurs outils pour accompagner les établissements vers l’automatisation

Suite à plusieurs sollicitations par les établissements de santé et médico-sociaux au sujet des automates de préparation des doses à administrer (PDA), l’ARS, l’Omedit et le Resah Île-de-France ont mené une réflexion sur l’automatisation du circuit du médicament. Ces travaux ont abouti à la création de plusieurs outils destinés aux établissements ayant un tel projet. On y trouve, par exemple, des outils pour évaluer la maturité du projet, une synthèse bibliographique ou encore un guide d’élaboration et de mise en œuvre de l’automatisation, qui décrit l’ensemble des critères à prendre en compte – conduite du changement, formation du personnel et gestion des ressources humaines, études d’opportunité et de faisabilité, définition et qualification de la cible, acquisition et mise en service des automates, informatisation de la prescription, préparation des locaux… « Ce travail a été mené en collaboration avec un groupe expert de professionnels de santé. Les outils développés ont donc vocation à répondre aux problématiques concrètes rencontrées par les établissements franciliens, mais sont également transposables aux établissements des autres régions », précise l’ARS.

- L’ensemble de ces travaux est téléchargeable sur le site de l’ARS IDF, www.iledefrance.ars.sante.fr/automatisation-du-circuit-du-medicament, ou sur celui de l’OMEDIT IDF, www.omedit-idf.fr/automatisation-de-la-pecm/.
 
 






L'édition de juillet 2021








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