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Pharmacie / Hygiène

Un guide pour optimiser la gestion de ses DASRI


Publié le Lundi 20 Septembre 2021 à 10:03

Réalisé sous l’égide du CPias et de l’ARS Occitanie, le guide Déchets d’activités de soins et risque infectieux : mise au point, est un nouvel outil d’optimisation de la gestion des déchets. Paru en février dernier, il s’inscrit dans la continuité de travaux d’ores-et-déjà menés dans les Pays-de-la-Loire et en Provence-Alpes-Côte-D’azur. Le point avec le Docteur Sophie Vandesteene, pharmacien hygiéniste au CPias Occitanie.


Le Docteur Sophie Vandesteene, pharmacien hygiéniste au CPias Occitanie. ©DR
Le Docteur Sophie Vandesteene, pharmacien hygiéniste au CPias Occitanie. ©DR
Dédié aux établissements sanitaires et médico-sociaux, Déchets d’activités de soins et risque infectieux : mise au point, propose une définition plus précise des DASRI, les déchets d’activités de soins à risque infectieux. Pourquoi avoir réalisé cet ouvrage ?
Dr Sophie Vandesteene : La réalisation et la publication de ce guide font suite à de nombreuses demandes émanant de toute la région. Hygiénistes comme établissements voulaient en effet pouvoir avoir une vision plus précise des DASRI afin d’affiner le tri et pouvoir donc optimiser la gestion des déchets. Un travail similaire, effectué dans les Pays-de-la-Loire en 2014, s’était déjà traduit par une baisse significative de la quantité de DASRI traités. Partant de cet exemple et des requêtes remontées du terrain, nous avons initié une réflexion en lien avec l’ARS Occitanie, qui a abouti à la rédaction de cet ouvrage. Sa sortie a néanmoins été repoussée de six mois environ, à cause de la crise sanitaire.

Quelles ont été vos modalités de travail ?
En 2019, nous avons commencé par constituer un groupe de travail composé de la majorité des acteurs du secteur – établissements de santé publics et privés, EHPAD… Les profils réunis étaient eux aussi variés : infirmiers, hygiénistes, médecins, ingénieurs, pharmaciens, cadres, logisticiens… La gestion des déchets concerne en effet de nombreux postes, autant internes qu’externes à l’établissement. Il nous a donc paru important de croiser les expertises. C’est pourquoi nous avons également impliqué, dans le groupe de relecture, un référent national hygiène pour un groupe d’EHPAD, un consultant travaillant au Comité pour le Développement Durable en Santé (C2DS) et même, dans le groupe de travail, un représentant des prestataires – présent à la première réunion mais qui n’a pas donné suite.

Quels sont les principaux changements apportés par rapport au guide national, qui date de 2009 ?
La règlementation applicable aux DASRI n’a pas changé, c’est toujours celle définie par le Code de la Santé Publique. Mais nous apportons pour notre part des précisions sur ce qu’est un DASRI, en détaillant par exemple les différences entre un “danger” et un “risque”. Ce dernier doit en effet retenir toute l’attention, puisqu’il implique la possibilité d’être contaminé, c’est-à-dire que l’organisme pathogène puisse trouver une “porte d’entrée” chez l’humain. En remettant ces deux notions à plat, un tri plus efficace peut être effectué entre les déchets à risque infectieux et ceux qui ne le sont pas – et qui peuvent donc très bien être traités via un circuit classique. 

Quelles sont vos recommandations concernant les intervenants extérieurs à l’établissement ?
Les échanges entre l’ensemble des acteurs constituent un point clé, non seulement pour que les déchets à risque puissent être correctement pris en charge, mais aussi et surtout pour limiter de potentiels aspects psycho-émotionnels. Tous les maillons de la filière doivent donc être sensibilisés à la gestion des déchets associés aux soins, ou DAS, qu’ils soient à risque infectieux ou non, et notamment les prestataires. Confrontés à de nombreux changements liés à la multiplication des politiques de développement durable, les acteurs de la filière déchets subissent déjà un certain bouleversement. Pour les informer, nous essayons donc de les impliquer. Nous organisons d’ailleurs, au début de l’été, une conférence en ligne pour leur expliquer notre démarche dans la rédaction de ce guide.

Le guide est sorti il y a déjà quelques mois. Quels retours avez-vous eu de la part d’établissements sanitaires et médico-sociaux ?
Les établissements qui étaient demandeurs semblent être ravis de cette mise au point. Pour les autres, je tiens à rappeler que cet ouvrage reste un éclairage et n’oblige en rien. Chacun reste maître de la gestion de ses DASRI. Pour autant, il semblerait que la publication du guide ait poussé certaines structures, en particulier des établissements médico-sociaux, à se pencher sur la question, et surtout à engager le dialogue avec leurs prestataires.

Ce document est complété d’une check-list sous forme de tableur. Pourriez-vous nous en parler ?
Un outil similaire avait été pensé dans la réflexion engagée il y a quelques années dans les Pays-de-la-Loire. Les membres du groupe de travail ont rapidement voulu le reprendre, l’adapter et le simplifier pour le rendre accessible à tous, et notamment aux établissements médico-sociaux. Cette check-list, qui s’articule autour de plusieurs thématiques, permet de passer en revue l’ensemble des éléments relatifs à la gestion des DASRI, principalement sous l’angle règlementaire. On y détaille, par exemple, les formations mises en place au sein de l’établissement, les organisations et la politique d’achats, l’agencement des locaux, la collecte, le transport et le traitement des déchets, etc. Chaque thématique comprend entre une dizaine et une trentaine de questions, auxquelles on peut répondre par oui ou par non. Ensuite, un onglet “score” permet d’inscrire le nombre de réponses positives dans chaque thématique, et d’obtenir rapidement un bilan de sa maîtrise du circuit des DASRI.   

On l’a dit, le guide national date de 2009 mais est en train d’être revu. Votre propre publication est-elle un moyen de participer à cette réactualisation ?
Sans y participer directement, notre ouvrage apportera sans doute une pierre de plus à la réflexion nationale qui semble s’être engagée sur la question des DASRI. C’est donc effectivement une sorte de contribution. Les responsables de ce chantier national ont certainement à cœur de faire converger les réflexions régionales qui ont déjà été engagées. Il semble d’ailleurs qu’elles aillent toutes dans la même direction, celle d’actions en faveur du développement durable et de la réduction des déchets. Comme dans d’autres secteurs, les acteurs de la santé sont de plus en plus sensibilisés à ce sujet. Les choses sont en train de changer, nous sommes à un moment charnière qu’il ne faudrait pas manquer.

- Guide et check-list à télécharger sur : https://cpias-occitanie.fr/outils-cpias-occitanie/dechets-dactivites-de-soins-et-risque-infectieux/.

Article publié dans le numéro de juillet d'Ehpadia à consulter ici